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A propos d’un genre, dont on n’écrit sur lui que pour le dévaloriser (la dernière citation est proprement hallucinante)

La nouvelle est la poignée de main banale des lettrés aux créatures de son esprit. Elle s’oublie comme une relation d’omnibus.
(J. Renard, L’Ecornifleur, Paris, Imprimerie Nationale, 1954, p.163)

Aujourd’hui, pour compter écrire ou désirer lire une » nouvelle », il faut être un bien pauvre diable.
(A. Breton, « Légitime défense », 1926, Point du jour, Paris, Gallimard, 1970, p.39)

On ne raconte pas des nouvelles. On ne les commente pas non plus. On lit ou on ne lit pas.
(M. Nadeau, Littérature présente, Paris, Corrêa, 1952, p.188)

[Une nouvelle] c’est bon pour les écrivains timides.
(J Laurent, Le Quotidien de Paris, 4-5 juin 1974)

La nouvelle est un genre mineur. Elle exige un investissement relativement faible, dix fois moins qu’un récit, vingt fois moins qu’un roman. On aura beau dire qu’il existe des sprinters et des coureurs de fond, la comparaison ne tient pas. L’art du peu, c’est aussi l’art du moins.
(D. Grojnowski, « L’Amateur de nouvelles », Maupassant. Miroir de la nouvelle, Paris, Presses Universitaires de Vincennes, 1988, p.11)

…ce talent si particulier qu’exige la nouvelle, et qui est sans doute dans les gênes de l’Anglo-Saxon. On croirait volontiers que la France en est guérie depuis le XIX° siècle, Gobineau ayant emporté dans sa tombe le secret de fabrication. Ce n’est pas que ici ou là, on ne repère aucune réussite dans le bref, et telle est notre générosité que nous irons jusqu’ à citer Paul Morand.
(A.Rinaldi, « Allons aux nouvelles », L’Express, 16 décembre 1996)

Qu’est-ce que la nouvelle ? Rien. La nouvelle n’est rien car elle est de la non-littérature.
(D. Souillier, Cahiers de littérature générale et comparée. La Nouvelle : stratégie de la fin, Paris, Sedes, novembre 1996, p.93-111 – voir encore : La Nouvelle en Europe de Boccace à Sade, Paris, PUF, 2004, p.319-320)

Publié dansPetit sottisier de la nouvelle